Le blog

Les phrases à la noix 6

Suite de la rubrique présentant des phrases ou expressions qui m’agacent (formule faible). Ou l’éternelle confrontation entre l’émetteur et le récepteur.

De quoi s’agit-il ?

J’ai ouvert, il y a quelques temps déjà, une rubrique intitulée « Les phrases à la noix ». Expression à la fois gentille et provocatrice. En fait, je cible plus particulièrement celles des formules utilisées abondamment qui ont le don de me hérisser le poil.

Il en existe de tous genres. Mais j’ai retenu celles qui, année après année, m’interpellent le plus. Si vous y réfléchissez, vous en trouverez bien plus que moi. Probablement sera-t-il difficile d’être du même avis sur telle ou telle.

Et c’est justement ces diverses perceptions qui sont intéressantes. Là, c’est à vous de jouer dans cette rubrique que je reprends de temps à autres.

Résumé des épisodes précédents

La phrase du jour

« Priorité au direct »

Une émission sur un sujet A se déroule.

Quand, soudain, au nom de cette sacrosainte course au temps et à l’audimat retentit cette phrase « Priorité au direct », intrusion s’il en est. Et, dans la même seconde, nous voici projetés dans un sujet B.

Comment je la reçois ?

Rarement bien.

  1. Certes, il est des sujets qui peuvent justifier une telle interruption. Mais, soyons sérieux, combien y en a-t-il qui le méritent ? Allez, cherchez bien.
  2.  Qui plus est, dans la plupart des cas, la personne qui s’exprimait sur le sujet A, coupée au beau milieu de son explication, s’entend dire qu’elle n’a pas à s’inquiéter et qu’elle pourra reprendre après. Ce qui est plus que rarement le cas sur certaines chaines. Lesquelles semblent d’ailleurs profiter de l’aubaine – pardon de l’interruption – pour bâillonner un intervenant dérangeant, changer d’interlocuteur et passer au sujet C.
  3. Par ailleurs, cette procédure renforce un sentiment d’urgence déjà bien instauré entre un bandeau superposé avec l’émission elle-même assortie d’images qui tournent en boucle en arrière plan (pour faire preuve d’imagination ou pour frapper les esprits ?), bien souvent, sans aucun lien.
  4. Tout cela, bien entendu, « pour que le spectateur comprenne bien ».

Et pourquoi ne pas plutôt… ?

Faire quelque chose que la télévision sait pourtant faire : laisser aux téléspectateurs la possibilité d’entendre l’explication en cours et, ensuite, retransmettre le direct avec un plus ou moins léger différé.

Si les chaines qui redoutent que les spectateurs, à la vue de leur smartphone ou autre, changent de canal, qu’elles se rassurent :

  • ceux qui sont là parce qu’ils le voulaient resteront ;
  • ceux qui étaient là par pur hasard ont toutes les chances de basculer pour toutes sortes de raisons. Surtout s’ils étaient momentanément restés parce qu’intéressés par le sujet A ;
  • ceux qui n’aiment pas la chaine ne font en général que passer ;
  • ceux qui zappent en permanence ne changeront pas leurs habitudes…

Et vous, comment la percevez vous ?

Photo en en-tête : @2023olivierdouin / Méduse, Musée de Petra, Jordanie