Le 3 novembre 2026 se dérouleront les élections de mi-mandat (midterm elections) américaines. Ponctuant les quatre années de mandature du président des États-Unis, elles visent, principalement, à renouveler l’intégralité de la Chambre des Représentants et un tiers du Sénat. Ainsi que certains mandats locaux de haut niveau. Elles constituent également un véritable point de situation politique.
Cette année, la question à 1 000 000 de dollars est de savoir si le parti Républicain de Donald Trump conservera la majorité au Congrès. Mais celle qui concerne les conséquences du vote à venir vaut bien plus cher.
Bien malin celui qui détient la réponse, comme le cas concret des midterm de 2006 nous l’a montré. Explications.
1. Le contexte en 2006
- Le président George W. Bush est alors au milieu de son second mandat.
- Il a été réélu (de justesse) en 2004 en pleine « Guerre contre le terrorisme » lancée après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 (cf. cet article).
- En 2003, il a ordonné l’invasion de l’Irak (après l’ouverture du front afghan en 2001). Après un succès initial, la situation a très rapidement dégénéré. Le spectre de l’enlisement s’est précisé.
- En 2006, une situation de contre-insurrection est de plus en plus évoquée. Mais l’exécutif le réfute. Attitude que certains qualifient de « déni » (state of denial).
- Simultanément, la Commission des forces armées du Sénat, notamment son président – le sénateur (Républicain) John Warner et deux de ses principaux membres, les sénateurs John McCain (Républicain) et Hillary Clinton (Démocrate) n’épargnent pas le ministre de la défense Donald Rumsfeld.
- Quant à la population, si elle soutient sans faillir les militaires, elle se montre plus mitigée vis-à-vis du gouvernement.
2. Les midterm de 2006
Le résultat est éloquent.
Ainsi,
- le Sénat qui comptait 44 sénateurs Démocrates et 55 Républicains la veille se compose désormais de 51 Démocrates contre 49 Républicains ;
- la chambre des représentants bascule de 229 Républicains et 201 Démocrates à 233 Démocrates et 202 Républicains.
Par ailleurs, à l’occasion du renouvellement de 36 gouverneurs, 6 sièges basculent chez les Démocrates.
Pour la première fois en 12 ans, la Chambre des Représentants échappe au parti Républicain. La victoire du parti Démocrate est totale et Nancy Pelosi, après avoir été la première femme chef de la minorité, devient la première femme présidente de la Chambre. Ainsi que, au moins aux États-Unis, la femme la plus célèbre du monde.
Mais…
3. Quand les chiffres ne disent pas tout
Effectivement, dès les résultats connus les États-Unis modifient leur stratégie en Irak. Ce qui conduira au célèbre Surge. Mais, sur les autres points, le président Bush garde la main face à un parti Démocrate désuni.
D’où les questions suivantes :
- le Surge a-t-il constitué une monnaie d’échange politique ?
- Le gouvernement n’avait-il pas vu la solution et ne s’est-il pas appuyé sur les midterm elections pour la mettre en œuvre tout en sauvant la face ?
- Comment un parti peut-il ne pas rafler la mise lorsqu’il a toute les cartes en main ?
Conclusion
Comme le démontre la situation de 2006, une victoire éclatante ne garantit pas la défaite totale de l’adversaire.
Certes, en 2008, le candidat Démocrate – Barack Obama – remporte les élections présidentielles dans un pays fatigué et qui a collectionné les crises financières (la dernière, justement, en 2008). Mais même dans ce cas, le résultat n’est pas garanti comme prouvé par la réélection de Truman en 1948 (cf. cet article) ; ici, nous pouvons nous interroger sur le rôle que le plan Marshall a pu jouer.
Donc, rien n’est écrit.