Le blog

Original Caption: The World Trade Center rescue site in New York City is seen the evening of Friday, Sept. 14, 2001, from Marine One. (U.S. National Archives’ Local Identifier: P7379-35)

Il y a 25 ans, un certain 11 septembre

« Un événement compte souvent plus par ses conséquences que par lui-même. »

« Au coeur de la Russie en guerre. Récit de l’ambassadeur de France », Pierre Lévy, ambassadeur en Russie de 2020 à 2024, Éditions Tallandier (2025)

Souvent, nous nous rappelons ce que nous faisions à l’occasion d’un événement grave.

Par exemple, lors de l’incendie de Notre Dame. Ou pendant les attentats de 2015. Ou encore à l’occasion de celui du 25 juillet 1995 à la station RER Saint-Michel. Nous pouvons remonter le temps, même si nous nous ne souvenons pas de tout. Ainsi, ma génération a connu l’attentat de la rue des Rosiers (1982), la prise d’otages lors des Jeux Olympiques de Munich (1972). Elle a vécu avec la menace des Brigades rouges et celle de la bande à Baader. Et a été le témoin d’un grand nombre de détournements d’avion…

Et bien, personnellement, j’ai des souvenirs très clairs de ce qui s’est passé un certain 11 septembre 2001. Et du jour d’après, ou plus précisément de l’année qui suivit. Et de certaines de ses conséquences. Ceci est mon témoignage, mon vécu sur place – ou presque – et mes constatations.

1. Sidération

Beaucoup, de ce côté de l’Atlantique, ont sous-estimé – et sous-estiment encore – le véritable séisme constitué par les attentats du 11 septembre 2001. Je me souviens, à ce propos, que lorsque les Américains ont fait un parallèle avec l’attaque japonaise sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941, certains médias français ont ironisé sur ce point. Et pourtant.

1.1. Mon 11 septembre 2001

Alors en poste aux États-Unis, je passe trois semaines de vacances en famille… au Canada.

Ce jour-là est le dernier de notre première étape. Nous prenons le petit-déjeuner à notre hôtel à Toronto. Seule une radio fonctionne et diffuse de la musique en bruit de fond (c’est très agréable de ne pas avoir des écrans de télévision partout).

Soudain, une annonce mentionne qu’un avion de ligne a percuté l’une des tours à New-York. Je me dis que par un si beau temps un tel accident est ahurissant. Nous remontons dans la chambre. J’allume la télévision au moment même où le second appareil percute l’autre tour. Et nous comprenons immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un accident. Ma décision est immédiate : « nous partons tout de suite ».

Photo captured by John Celardo, former archivist at the National Archives branch in New York City on September 11, 2001.
Photo captured by John Celardo, former archivist at the National Archives branch in New York City on September
Original Caption: A highway sign reads, "All Crossings to New York Closed" Tuesday, Sept. 11, 2001 (Local Identifier: P7130-08)
Original Caption: A highway sign reads, "All Crossings to New York Closed" Tuesday, Sept. 11, 2001 (Local Identifier: P7130-08)

Vingt minutes plus tard, nous roulons sur le périphérique, direction notre prochaine étape : Ottawa. J’ai bloqué la radio de la voiture sur une station d’information. Nous apprenons une demi-heure après que le quartier des ambassades – où se trouvait notre hôtel – vient d’être bouclé. Plus tard, nous entendrons que le premier ministre canadien fait libérer un maximum de lits d’hôpital pour aider le pays voisin en cas de besoin et lui propose toute l’aide possible. Je mentionne ceci parce que le discours officiel des États-Unis sera de dire que le Canada n’a rien fait pour les aider. Tout comme il ne sera pas fait mention de l’appel de condoléances du Président Chirac, annoncé à la radio canadienne, mais nullement évoqué au sud des Grands Lacs. En poursuivant notre route, nous longeons la frontière. Et constatons que tous les postes frontières sont bloqués et que des queues interminables de véhicules, principalement des poids lourds, s’étirent dans les deux directions. Nous entendrons également le premier discours du Président Bush. Et constaterons le choc que cela représente pour lui.

Nous arrivons à Ottawa pour réaliser que, pour les jours qui viennent, tous les sites officiels seront fermés. Autour de nous, les gens ne parlent que de cela. Les fleurs commencent à s’accumuler devant l’ambassade américaine. La vie semble également s’être arrêtée de ce coté de la frontière. Le soir, devant la télévision, je prends une habitude qui ne me quittera plus durant les deux semaines suivantes : je passe en alternance des chaines américaines à celles du Canada.

1.2. Le retour

C’est étonnant comme une simple frontière peut autant séparer deux mondes.

Au Canada, malgré une tension certaine, la vie reprend assez rapidement. Et cela se traduit dans les médias. Une semaine exactement après les attentats, les commentateurs canadiens dressent un constat qui ne manque pas d’intérêt : « Il serait temps que nos collègues américains en finissent avec leur sensiblerie et se remettent à travailler en vrais professionnels ». Cela peut paraitre sévère. Mais j’y reviendrai. Parallèlement, notre séjour se poursuit comme planifié. Seules les informations nous maintiennent en relation avec les évènements tragiques.

Deux semaines après le 9/11, nous reprenons l’avion pour rentrer aux États-Unis. La sécurité a, certes, été renforcée au Canada. Mais lorsque nous arrivons aux États-Unis, nous débarquons sur une autre planète. Au point de nous demander si nous pourrons attraper notre vol pour l’aéroport de Kansas-City, notre destination finale. Contrôles et queues interminables, informations quasi inexistantes mais annonces sécuritaires à répétition sont devenues la norme. Les délais s’accumulent. Nous attrapons notre vol d’extrême justesse, et peut-être parce que lui-même a été retardé. Notre fille de deux ans est claquée et plus qu’énervée. Deux passagères assises derrière nous viendront à notre aide. Arrivés enfin à destination, nous sommes pris en charge par un collègue et ami singapourien.

Là, une surprise m’attend. Il m’apprend que, depuis le 12 septembre, l’ambassade de France cherche à me localiser. Ainsi que, par conséquent, les autorités américaines de Fort Leavenworth où je suis en poste. Certes, lorsque j’ai débuté la planification de notre voyage, j’avais dans l’idée de le commencer à New-York. Mais j’avais écarté cette option trop couteuse en temps. Elle est visiblement restée dans quelques mémoires et, malgré leurs efforts, mes collègues directs n’ont jamais réussi à en convaincre leurs interlocuteurs. Pour information, je précise pour les plus jeunes lecteurs qu’à cette époque, nous n’étions pas encore esclave des smartphones. Ceci étant, le lendemain, nous rassurons tout le monde. Y compris la famille, au cas où, et les amis locaux.

1.3. Le jour d'après

Après les aventures aéroportuaires, nous prenons véritablement contact avec les États-Unis d’après le 11 septembre. Voici quelques exemples en provenance du Kansas, au beau milieu du continent américain.

La sécurité s’est renforcée à l’extrême. Jusqu’au 11 septembre, tout un chacun pouvait pénétrer dans le fort sans aucun contrôle (ce qui n’avait pas manqué de me surprendre). A l’issue des attentats, des postes de garde, d’abord de fortune puis durcis, furent installés à chaque entrée. La fouille des véhicules et, bien entendu, la vérification de l’identité instaurées. Les permanents et les visiteurs bien identifiés.

La population du fort compte de nombreuses familles étrangères. Notamment en raison de l’existence d’un centre d’enseignement militaire supérieur. Certains des stagiaires viennent de pays arabes. Et, inévitablement, des incidents survinrent. En commençant avec des enfants. L’un d’entre eux tint, dans une école en ville, des propos qui hérissèrent le poil de ses camarades. Ce qui conduisit le général commandant le fort à intervenir.

Original caption: President George W. Bush consoles families of victims of the terrorist attack during a visit to New York City. September 14, 2001. (U.S. National Archives' Local Identifier: P7384-09)
Original caption: President George W. Bush consoles families of victims of the terrorist attack during a visit to New York City. September 14, 2001. (U.S. National Archives' Local Identifier: P7384-09)

Quant au délit de faciès, il fit son apparition immédiatement. Et je dois reconnaitre que plusieurs fois, au cours de mes déplacements, je fus bien content de porter un nom relativement passe partout (à défaut d’être prononçable par nombre d’Américains), d’être de type caucasien et de pouvoir, à l’intérieur des États-Unis, utiliser une carte d’identité militaire américaine. D’autant que les échos de dérapages se multipliaient. L’islamophobie progressait partout. Et porter la barbe n’était pas une bonne idée. A cela s’ajoutait une incrédulité surprenante : celle d’Américains ahuris que des personnes diplômées puissent commettre des attentats, attentats-suicides qui plus est.

2. Réactivité

Deux mots viennent à l’esprit pour caractériser cette époque : réactivité et sécurité. Ensembles. On peut reprocher beaucoup de choses aux Américains. Mais il y a une qualité que nous ne pouvons pas leur enlever : la réactivité. Laquelle s’est immédiatement traduite par des mesures de grande ampleur. Certaines seront amandées ou affinées au fil des mois, voire invalidées. Mais des mesures conséquentes furent prises dans l’urgence. Comme, par exemple l’installation d’hideux blocs de béton devant les édifices jugés à risque pour éviter des attaques à la voiture suicide.

2.1. Sur la sécurité

Original Caption: Firefighters unfurl a large American flag over the scarred stone of the Pentagon in Arlington, Virginia. September 12, 2001. (U.S. National Archives ID: 5997275)
Original Caption: Firefighters unfurl a large American flag over the scarred stone of the Pentagon in Arlington, Virginia. September 12, 2001. (U.S. National Archives ID: 5997275)

Mais la démonstration la plus parlante concerne, sans nul doute, le secteur aérien. Jusqu’au 11 Septembre, l’objectif principal consistait à réduire les retards – très conséquents – dans le ciel le plus encombré de la planète. Au point que, depuis 2000, une des mesures prises visait à réduire le plus possible les délais d’embarquement.

Et, donc, la sécurité. Clairement, si j’arrivais à l’aéroport 20 minutes avant l’heure de décollage, j’avais la certitude d’attraper mon vol. Le 11 Septembre a complètement inversé la vapeur.

Cela ne s’est pas ressenti immédiatement. Dans les premiers mois, les vols étaient quasiment vide. Je me rappelle m’être rendu à Washington la première semaine d’octobre. Nous étions cinq dans l’appareil (quelques semaines plus tard, les compagnies s’efforceront de rentabiliser les vols en en diminuant leur nombre). Et traverser un Reagan Airport quasiment vide et silencieux était impressionnant.

Après avoir tangenté le Pentagone à l’atterrissage et avant que de le longer ensuite dans l’autre sens en voiture. Et constaté les dommages importants sur cet édifice.

Original Caption: Firefighters unfurl a large American flag over the scarred stone of the Pentagon in Arlington, Virginia. September 12, 2001. (U.S. National Archives ID: 5997275)

2.2. Sur la politique

En tant qu’officier de liaison, je suivais de près la politique américaine : les dernières années de l’ère Clinton, la présidentielle de 2000 et le « recount« , les débuts de George W. Bush en 2001. Voici deux exemples de réactions suite au 9/11.

En matière de politique étrangère, les premières déclarations du nouveau président avaient été éloquentes : le nouvel ennemi était la Chine ! Le 11 Septembre changea tout cela…

Concernant le secteur de la Défense, la mission confiée au nouveau Secretary of Defense, Donald Rumsfeld, était limpide : réduire le format des armées et mettre l’accent sur les forces spéciales et la haute technologie. La guerre contre le terrorisme, conséquence des attentats, inversa le processus amorcé dès janvier. Comme, d’ailleurs, elle remisa en arrière plan le discours des Républicains clairement assené lors de la campagne présidentielle : « il est temps que les Européens prennent en charge leur propre défense ».

2.3. Sur... les médias

Photo captured by John Celardo, former archivist at the National Archives branch in New York City on September 11, 2001.
Photo captured by John Celardo, former archivist at the National Archives branch in New York City on September 11, 2001

Là aussi, les attentats eurent des conséquences certaines. A moins qu’il ne s’agisse de récupération. Ou d’un mélange des deux. Jusqu’au 10 septembre, le panorama audiovisuel est bien établi. CNN (US, pas International) caracole en tête. Fox est alors en retrait. Mais cette dernière va jouer à fond la carte de la couverture des attentats avec une tonalité qui ne peut qu’entraîner un grand nombre de téléspectateurs. Nous verrons ainsi une majorité d’écrans sur les lieux publics (comme dans les aéroports), dans les restaurants ou dans les salles de petit déjeuner bloqués sur Fox News. Et cette tonalité pour le moins agressive, voire violente, va s’imposer : l’ennemi est clairement désigné ; telle personnalité évoquant une éventuelle responsabilité à rechercher dans l’attitude des USA est qualifiée de traitre ; quant à celle qui émet des doutes du même ordre, mais ne peut absolument pas être versée dans la catégorie des traites, elle ne peut que… faire une dépression. Parallèlement, un autre procédé marquera durablement les esprits : la diffusion plusieurs fois par heure, 24 heures sur 24, des images des avions percutant les tours. Séquence qui s’atténuera seulement après le premier anniversaire de ce sinistre jour. Un an, le temps nécessaire pour rendre Manhattan à peu près vivable.

3. Confirmation

Entre le choc émotionnel, la réalité du vécu de ceux concernés directement pas ce drame – et ils furent nombreux – et le bombardement médiatique, rien d’étonnant à ce qu’un véritable façonnage des esprits s’installe.

3.1. Cependant

Malgré ce courant majoritaire, du moins à cette époque, il est néanmoins utile de nuancer.

Pour commencer, rappelons que les États-Unis ont la taille d’un continent, que les attentats se sont produits sur la côte est et que les principaux médias ont leur siège, également, dans l’est. Début décembre 2001, je me rends à San Francisco. Les prix (vols, hôtels, restaurants) sont très bas. Les commerçants bradent dans des proportions incroyables. Le discours est simple : « Qu’ils arrêtent de foutre la trouille à tout le monde, nous voulons des touristes et nous voulons faire des affaires ». Là-bas, les lieux des attentats sont loin, très loin.

Ensuite, ce serait une erreur de penser que les Américains ne réfléchissent pas. En 2003, Bush lance son invasion de l’Irak. La France a dit non et le président américain nous bat froid. En juin, des hommes viennent spontanément vers moi (quelqu’un leur a dit qui j’étais) : « Nous avons fait la guerre de Corée. C’est votre président qui a raison. Nous commettons une grande erreur ».

3.2. Mais

Les exemples ci-dessus me paraissent intéressants. Mais reconnaissons-le, les effets du 11 Septembre se sont inscrits dans la durée.

  • La réactivité sécuritaire n’a fait que se renforcer. Sous toutes ses formes : humaine, technique, numérique… Même si, aujourd’hui, de moins en moins de personnes se souviennent des causes de ce processus infernal qui semble désormais en mesure de dépasser le roman 1984.
  • Le patriotisme, déjà bien marqué aux États-Unis – du moins à ce que j’ai pu constater dès mon arrivée en 1999, s’en est trouvé démultiplié.
  • Élément positif : une incroyable chaine de solidarité se forma pour venir en aide aux familles des héros du 11 Septembre. Revers de la médaille : une partie de ces dons ne parvint pas à leurs destinataires. Ce qui amena le présentateur vedette de Fox, Bill O’Reilly, a rendre publique l’affaire ; c’est l’une des rares fois où je l’ai apprécié.
Original Caption: Smoke rises from the site of the World Trade Center Tuesday, Sept. 11, 2001. (U.S. National Archives’ Local Identifier: P7127-23)
Original Caption: Smoke rises from the site of the World Trade Center Tuesday, Sept. 11, 2001. (U.S. National Archives’ Local Identifier: P7127-23)

3.3. Et au-delà

Original Caption: Firefighters look on Friday, Sept. 14, 2001, as President George W. Bush surveys the destruction left by terrorist attacks on New York City. (U.S. National Archives’ Local Identifier: P7377-13)
Original Caption: Firefighters look on Friday, Sept. 14, 2001, as President George W. Bush surveys the destruction left by terrorist attacks on New York City. (U.S. National Archives’ Local Identifier: P7377-13)

De nouveaux courants ont vu le jour. Logiquement, les pompiers et sauveteurs qui, au péril de leur vie, ont essayé d’en sauver d’autres à New-York, furent considérés comme des héros (343 pompiers sont morts). A l’instar de ceux qui firent s’écraser le dernier appareil (United Airlines 93). Mais, peu à peu, il s’en est trouvé pour décréter que tout un chacun était un héros. Un héros du quotidien. Comment déterminer qui est qui dans ces conditions ?

Un autre aspect n’a pas manqué de m’interpeller. Mi-octobre, 2001, je reviens en France pour une réunion. Le soir de mon arrivée, je regarde, atterré, une émission où toutes une série de complotistes, très bien informés, expliquent ce qui s’est passé. Je les trouve particulièrement ignobles. Comme, quelque jours plus tard, je n’ai pas eu envie de rire à l’aéroport Charles de Gaulle en entendant des voyageurs s’esclaffer parce que les démineurs viennent de faire exploser une valise abandonnée. Je précise que ce n’est pas du (ou de la) propriétaire qu’ils se moquaient.

Conclusion

Les chiffres officiels font état de 2753 morts à Ground Zero. Ce sont 44 passagers qui périrent dans le crash du vol 93. A Washington, 189 personnes ont perdu la vie, dont 125 travaillant au Pentagone ; parmi ces derniers, figuraient des amis de certaines de mes proches relations.

Les effets et les conséquences furent colossaux. Et se sont inscrits dans la durée. En ouvrant probablement certaines portes qui nous ont conduits à la situation actuelle. Clairement, l’expression du genre « Il y a un avant, il y aura un après » est souvent galvaudée. Mais, dans ce cas, elle s’applique pleinement.

Il n’empêche que, parfois, je ne peux m’empêcher de faire un peu de politique fiction.

Et si nous remettions les pièces au départ du coup ? Où en serait la guerre amorcée début 2001 avec la Chine ? Que serait-il advenu en Israël alors que George W. Bush avait prévu d’exiger de Benjamin Netanyahou d’arrêter son processus de colonisation à l’occasion d’une visite du 1er ministre planifiée… courant septembre ? Quel serait le modèle de la Défense américaine… ?

Et si les journalistes canadiens appelant leurs confrères à en finir avec l’émotivité avaient été entendus ?

Mais, avec des si…

Photo en en-tête : Original Caption: The World Trade Center rescue site in New York City is seen the evening of Friday, Sept. 14, 2001, from Marine One. (U.S. National Archives’ Local Identifier: P7379-35)